L’ « afflux » de réfugiés : une seule solution – la solidarité

Les images du petit Aylan, noyé, ont bouleversé l’opinion et créé un sursaut citoyen, enfin. Plus de 30 000 réfugiés sont morts aux portes de l’Europe depuis 2000. Des milliers errent sur les routes périlleuses du Sahara, du Moyen Orient ou de l’Europe. La réalité, c’est que depuis plus d’une décennie l’Europe se construit comme une forteresse en dressant règlements, murs et clôtures à ses frontières, en restreignant les délivrances de visas, en imposant aux pays du Sud la signature d’accords pour « contrôler » les migrations vers l’Europe. Que l’on cesse de distinguer les « bons » réfugiés demandeurs d’asile venant du Proche-Orient fuyant la guerre et les « mauvais » venant d’Afrique et d’ailleurs, qualifiés péjorativement de « réfugiés économiques » et « ayant vocation » à être reconduits à la frontière. Cette distinction est absurde et inhumaine même si certaines situations doivent être résolues de façon très urgente. Un million de migrants accueillis en Europe, ce serait 0,2% de la population européenne, ce n’est pas vraiment « l’invasion » dont nous menacent les tenants de la haine.
Malgré cet élan de solidarité on ne peut passer sous silence ceux qui, par leurs propos indignes n’ont même pas eu la décence de se taire le temps de cette émotion. Ainsi Marine Le Pen propose « de ne plus accueillir personne ». Yves Nicolin, maire de Roanne (Parti Républicain), a déclaré qu’il était d’accord pour accueillir les réfugiés, « à la condition qu’ils soient chrétiens » au prétexte de lutter contre le terrorisme. Pour ne pas être en reste, Nicolas Sarkozy propose lui de « mettre en place des centres de rétention avant qu’ils (les réfugiés) ne traversent la Méditerranée ». Enfin tout près de chez nous Emile Lombertie, maire de Limoges se dit défavorable à la venue de réfugiés dans sa ville car « la ville a connu une montée de la délinquance liée aux étrangers en situation irrégulière. C’est un phénomène que je combats, et qu’il ne faut pas augmenter » –

Dans l’immédiat, il y a urgence à accueillir dignement ceux qui fuient la guerre, la misère, la répression sans trier les « bons » et les « mauvais » migrants. Dans notre région, pour ne pas agir en ordre dispersé un collectif groupant plusieurs associations de solidarité (LDH, MDH, MRAP, sans Papiers, SOS racisme…° a été crée pour fédérer les actions. La Haute Vienne doit recevoir d’après les chiffres officiels 125 réfugiés. Des municipalités dont celle d’Isle ont engagé des actions d’accueil. Mais surtout, rappelons qu’il n’est pas seulement nécessaire d’accueillir, mais aussi d’accompagner une insertion. En effet l’administration française est très tatillonne et les dossiers à remplir sont multiples et compliqués. Reste également l’adaptation à tous les niveaux de l’existence : langue, culture, école, travail, logement, gestion du traumatisme. Il est de notre devoir à tous de participer à leur accueil ce qui ne doit en aucun cas dédouaner les pouvoir publics de ses obligations.

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